Le Hapkido est un art martial coréen utilisant des techniques de coups de pied et de poing ainsi que des techniques de clés et de projections. Hapkido signifie la Voie (do) des énergies (ki) unifiées (hap). Le Hapkido a été fondé par maître CHOI Yong-Sul.

Les origines du Hapkido

CHOI Yong-Sul naît le 20 juillet 1904 dans la province du Chung Buk en Corée. Orphelin, il est à l’âge de 8 ans amené au Japon par un marchand de sucreries. Mais, enfant difficile et bagarreur, il est abandonné dans la ville de Moji et se retrouve à la rue. Il voyage seul jusqu’à Osaka où la police le confiera à un temple bouddhiste de Kyoto. Il y vivra pendant deux ans avec le moine WADANABI Kintaro. C’est lui, qui lui fera découvrir le Daito-Ryu Aiki-Jutsu (Ecole du Grand Orient) de Maître TAKEDA Sogaku à partir de 1913.

Choi Yong-Sul Hapkido
Maître CHOI Yong-Sul

Maître TAKEDA fût probablement le dernier guerrier itinérant qui alternait défis aux experts en vogue et combats à mort pour assouvir une vendetta familiale. Le style de maître TAKEDA doit beaucoup à l’un de ses ancêtres nommé YOSHIMITSU. Ce dernier aurait étudié d’un point de vue anatomique des cadavres ramassés sur un champ de bataille ce qui lui permit de jeter les bases scientifiques de techniques de manipulation des articulations, des muscles et des tendons.

Après son adoption par maître TAKEDA, c’est aux côtés de ce maître d’exception que le jeune CHOI va gravir les échelons jusqu’à devenir son assistant. Néanmoins, CHOI dut remplir son rôle de serviteur du maître et il ne fut probablement jamais considéré comme le fils de ce dernier en raison du complexe de supériorité de la « race divine » japonaise à l’égard des coréens.

Takeda Sokaku
Maître TAKEDA Sogaku

Entre 1911 et 1921, maître CHOI eut un autre génie des Arts Martiaux comme condisciple : Morihei UESHIBA (1883-1969), le futur fondateur de l’Aïkido.

En 1945, deux ans après la mort de son maître, sentant que le Japon allait perdre la guerre, et ne souhaitant pas être enrôlé de force dans l’armée, maître CHOI rentra en Corée. Mais à son arrivée dans son pays d’origine, il aurait perdu ses bagages contenant ses économies et les précieux brevets d’enseignement (menkyo kaiden) délivrés par maître TAKEDA. Il s’installa dans la région de Taegu où il exerça différents emplois lui permettant de vivre. Le 21 février 1948, une coïncidence heureuse mit sur son chemin SUH Bok Sub, une ceinture noire de judo. Ce dernier ayant vu CHOI se défaire avec facilité de plusieurs agresseurs, il lui demanda de le prendre comme élève. C’est à partir de ce moment qu’il commença à enseigner ce qu’il avait appris au Japon. Grâce à la combinaison du Daito-Ryu et d’arts coréens traditionnels comme le Taekyon (pour les techniques de jambes), il élabora une synthèse personnelle nommée Yu Sul puis Yu Kwon Sool. Le 12 février 1951, maître CHOI ouvrit son premier dojang. Ces premiers élèves seront les ambassadeurs du Hapkido en Corée, puis dans le reste du monde. Parmi eux : KIM Moo-Hyun, LEE Joo-Bang, IN Hyuk-Suh et JI Han-Jae. D’après certaines sources, ce serait KIM Moo-Hyun qui aurait ajouté des techniques de percussion, héritées du Taekyon, à l’art de son maître.

Le 29 novembre 1986, maître CHOI s’éteignit à Taegu après avoir réussi à développer son art dans le monde entier par l’intermédiaire de ses élèves. Il repose aujourd’hui à Taegu, ville originelle du Hapkido, dans laquelle il continua d’enseigner jusqu’à la fin de ses jours.

Extrait de Mudo : les arts martiaux coréens de Serge Trochet et de Frédéric Chaussade

Techniques

Au cours de sa progression, le hapkidoin (pratiquant de Hapkido) travaillera des enchaînements de clés articulaires, de percussions et de projections dans diverses situations : contre des saisies au corps ou aux vêtements, de face ou de dos, contre des coups de pied ou de poing, contre des armes…

L’apprentissage des coups de pied, qu’ils soient circulaires, sautés ou au sol, occupe également une part importante des entraînements. Les exercices consistent notamment à frapper des raquettes. Ce sont des cibles qui permettent de travailler la réactivité, la précision et l’impact des frappes.

Souvent à partir de la ceinture noire, le pratiquant peut commencer à apprendre le maniement d’armes : bâton court ou long, éventails, canne, ceinture, mouhebong (le nom coréen du nunchaku) et sabre.

Tenue

À l’entraînement les hapkidoin portent un dobok, qui signifie littéralement « vêtement » (bok) de la « voie » (do). Les couleurs de la veste et du pantalon varient selon les écoles, mais le blanc et/ou le noir sont celles habituellement utilisées. Des tenues plus colorées sont parfois portées pour les démonstrations.

Grades

La progression du pratiquant est symbolisée par une ceinture de couleur : blanc, jaune, verte, bleue, rouge ou noire. À partir de la ceinture noire, les niveaux sont marqués par des dans, du 1er au 9ème.

Compétitions

Les compétitions techniques peuvent présenter plusieurs épreuves : coups de pied sautés, chutes en longueur ou en hauteur et self-défense. Cette dernière s’effectue en binôme et consiste en la réalisation d’enchaînements de techniques (percussions, clés, projections), avec ou sans armes, effectuées avec vitesse, impact et équilibre.

Il existe aussi des compétitions combat de Hapkido. Les techniques autorisées sont variées : coups de pied et de poing au corps et à la tête, saisies et projections.

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